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En novembre 2023 s’achève ma première illustration ornithologique, Ornithologia n°1, réunissant 93 oiseaux visibles en France continentale. Elle tranche avec mes précédents travaux, axés sur la mythologie et la littérature. Elle ouvre un nouveau tournant dans ma démarche artistique, tout en demeurant inscrite dans mon style dense et foisonnant. Elle promet une nouvelle série d’œuvres sur le thème ornithologique, qui me séduit et m’inspire tout autant que les mythes.

Des origines de l’œuvre aux principes de composition, les coulisses de l’illustration se dévoilent.

illustration ornithologique 93 oiseaux de France par gaëlle compozia
illustration 12 Travaux d'Hercule

1.     Une illustration ornithologique – Origine de l’œuvre :

Dans la soirée du 1er juillet 2022, nous avons assisté avec mon conjoint à un magnifique couché de soleil au Phare de la Baleine sur l’île de Ré. Des hérons cendrés s’étaient regroupés au bord de la mer, juchés sur les rochers découverts par la marée basse. J’aime à penser qu’ils assistaient comme nous – avec nous – à ce spectacle si simple et pourtant si beau. Ils ne pêchaient pas et regardaient dans la direction du soleil couchant. Ils avaient l’air si contemplatif. Je n’ai pas pu en prendre une photo convenable, n’ayant pas l’équipement adapté ni les connaissances d’un bon photographe. Mais j’ai conservé ce moment précieux en mémoire et cet évènement a été la source d’inspiration de cette illustration ornithologique.

J’ai commencé mes recherches documentaires, mon carnet de croquis et l’œuvre en elle-même pendant cet été 2022. Mais je l’ai mis en suspens dès septembre car ce que je vivais au travail à cette période-là ne coïncidait plus avec l’état d’esprit qui m’avait animé initialement au Phare de la Baleine. J’avais donc entrepris une autre composition sur les 12 Travaux d’Hercule qui correspondait davantage à mon inspiration et vécu du moment.

Une fois ce sujet achevé – expié d’une certaine manière – je pouvais reprendre plus sereinement le thème ornithologique. Des vacances et une exposition dans le pays guérandais en mai 2023 ont été l’occasion de me remettre à l’ouvrage. Les marais salants sont en effet propices à l’observation des oiseaux.

C’est aux termes de 9 mois de travail (espacés sur 2 ans), que j’ai achevé cette première illustration ornithologique.

2.     Choix du titre :

Le titre de cette 23 ème composition (Ornithologia n°1) est un haïku, forme poétique japonaise très concise et épurée, ce qui peut paraitre assez paradoxal comparé à mon style de dessin dense et détaillé. Mais étonnamment, cette forme poétique m’inspire et m’apaise profondément. J’ai pris goût depuis quelques temps à l’écriture de haïkus. Ce n’est pas la première fois que je choisis ce style littéraire pour titre. Je l’avais déjà fait pour ma 21ème Compozia sur les Geishas des 4 saisons. Ainsi, cette nouvelle œuvre s’intitule :

3.     Principes de composition :

La composition de cette illustration ornithologique a demandé mûres réflexions tout au long de la réalisation, jusqu’à ces derniers instants. De nombreuses questions ont été soulevées quant au choix de la technique à adopter, au choix des espèces à représenter, puis à l’agencement des oiseaux dans la composition.

Le parti pris retenu a été de mélanger 3 techniques : les stylos à encre de chine, les crayons de couleurs et des oiseaux représentés uniquement en esquisse au crayon graphite. Cette dernière technique permet de créer des jeux de profondeur et des espaces de respiration dans la composition (sans qu’il n’y ait de grands vides pour autant). Elle laisse également la possibilité au spectateur d’imaginer les couleurs que ces oiseaux pourraient avoir et une envie de les découvrir.  Elle donne à l’œuvre un aspect volontairement inachevé. C’est une idée que je dois à la romancière britannique Anne Perry, dans l’un de ses romans où les personnages décrivent une aquarelle incomplète où apparaissent encore les traits d’esquisse, ce qui confère au dessin une beauté qu’il n’aurait pas s’il avait été fini.

L’illustration présente 93 espèces d’oiseaux, visibles en France continentale. Ce nombre 93 n’est pas un choix délibéré avec une quelconque signification. Ce n’est pas un postulat de départ. Je le dois tout simplement au hasard de la progression de la composition. J’avais choisi de laisser un bandeau blanc entre les limites de la feuille Canson et les limites du dessin (une ligne sinueuse et non rigide). A l’intérieur de ce cadre, je devais y représenter le maximum d’oiseaux qu’il mettait possible de faire. A noter que les proportions (entre la taille réelle des différentes espèces) ne sont volontairement pas respectées. C’est le jeu artistique de composition qui l’emporte sur la précision scientifique et naturaliste.

A partir d’ouvrages et de sites ornithologiques, je me suis constitué une liste exhaustive des oiseaux à représenter.

J’ai hésité à inclure des oiseaux des territoires et départements d’Outre-Mer mais cela ouvrait des horizons bien trop vastes. Les DOM-TOM recueillent des espèces variées et splendides (comme le phaéton à bec jaune sur l’île de la Réunion et tous les Parulidae de Guadeloupe et Martinique) mais la liste de composition devenait exagérément longue. Ce sera pour une prochaine illustration ornithologique. Ce projet actuel est le début d’une série qui promet de longues années d’exploration artistique. Je ferais surement une composition sur les oiseaux d’Amérique, à l’instar de Jean-Jacques Audubon. Et j’envisage également un projet sur les oiseaux bleus.

4.     Carnet et recherches

Comme pour mes précédents travaux, cette œuvre s’accompagne d’un carnet de notes, faisant intégralement partie de mon processus artistique. Pour ce projet, j’ai particulièrement soigné et alimenté ce cahier (ce grimoire devrais-je dire, réalisé par un couple d’artisans bretons avec du bois de châtaignier). Il est constitué de notes de recherches documentaires sur l’ornithologie, de photos inspirantes et thématiques, de croquis et essais de composition, de listes, de réflexions personnelles tel un journal intime, de petits compte-rendu de ballades dans les marais salants, de poèmes et chansons traditionnelles sur les oiseaux… C’est le fait de pouvoir graviter autour d’un sujet, de pouvoir butiner, qui me motive à rester plusieurs mois durant sur de tels projets d’illustration denses et détaillés. Sans mes carnets, pas d’œuvre possible.

5. Une illustration ornithologique : pour aller plus loin

Pour découvrir en détail les 93 espèces d’oiseaux représentés dans cette illustration ornithologique, un mapping interactif sera bientôt disponible. Il vous suffira de faire glisser la souris sur l’illustration pour faire apparaitre le nom des oiseaux en français, en latin et en anglais.

Pour en apprendre davantage sur certaines espèces, une sélection de 10 oiseaux remarquables est également disponible ici.

cette œuvre a fait l’objet d’un dépôt légal, elle est soumise au Copyright – tous droits réservés.