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Achevée en avril 2023, cette œuvre intitulée « Au nom de la Gloire » – Compozia n°22, est une représentation synthétique des 12 Travaux d’Hercule, un mythe au combien célèbre qui relate les exploits d’un demi-dieu terriblement humain : nommé Hercule en latin, Héraclès en grec, son nom signifie « à la gloire d’Héra ».

>>> Se rendre au bas de l’article pour découvrir sans plus attendre l’illustration et le mapping des citations.

C’est sur 3 auteurs et 3 ouvrages de références que je me suis appuyée pour réaliser cette synthèse illustrée des 12 Travaux : un auteur contemporain et deux auteurs classiques

> Apollodore le Mythographe (ou Pseudo-Apollodore) – La Bibliothèque (Livre II – chapitres 4 à 8) (I er ou II ème siècle apr. J-C.) – traduction d’Ugo Bratelli (2001)

> Diodore de SicileHistoire Universelle (Tome premier : Livre IV) – (I er siècle av. J-C.) – Traduction française par l’abbé Terrasson (1737-1744)

> Guy Rachet – les 12 Travaux d’Hercule édition Gallimard Folio de 1993

autres articles sur les 12 Travaux d’Hercule :

partie 1 : une œuvre expiatoire 

partie 2 : décryptage de la composition

diodore de sicile

Je salue et remercie le fabuleux travail de retranscription et de traduction  d‘Ugo Bratelli et de Philippe Remacle, dont les sites internet sont de véritables trésors, permettant d’avoir un accès facile et gratuit à des textes anciens d’une richesse inestimable.

 

Chacun de ces textes et auteurs proposent une vision légèrement différente du mythe d’Hercule. C’est très intéressant de comparer les narrations et les différences subtiles.

L’ouvrage contemporain de Guy Rachet propose une narration fluide, romancée, détaillée et presque lyrique, assez glorifiante du héros d’ailleurs. Guy Rachet s’est beaucoup appuyé sur le texte d’Apollodore le Mythographe, en l’étoffant et lui donnant davantage le ton d’un conteur.

Le style d’Apollodore est en effet concis et stricte, sans fioriture. Il relate les faits de façon synthétique et méthodique, le but de son ouvrage, la Bibliothèque, étant de recencer et compiler les mythes, d’en garder une trace écrite. Il s’agit donc d’aller à l’essentiel dans un souci de conservation de la mémoire.

L’Histoire Universelle de Diodore de Sicile est plus développée, plus détaillée, bien qu’assez encyclopédique elle aussi. Mais Diodore propose parfois des digressions et des interprétations. Par exemple, son commentaires sur l’épisode des Pommes d’Or du Jardin des Hespérides est assez déconcertant mais intéressant : il propose un regard très différent sur cette partie du mythe qui vaut le détour. Je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même.

 Il s’agit d’un mapping interactif, il vous suffit de faire circuler la souris sur l’image pour faire apparaître les citations.

Pour citer et distinguer les auteurs, les citations relevées commencent par les initiales de leur nom (GR pour Guy Rachet, DS pour Diodore de Sicile, AP pour Apollodore) et indiquent également la section ou le chapitre de l’ouvrage de référence dont elles sont issues.

DS (1.IV.V) : « Ce lion ravageait souvent le pays qui est entre Mycènes et Némée, auprès d'une montagne appelée le mont Trétos. Au pied de cette montagne il y avait une grande caverne où ce monstre se retirait ordinairement Hercule alla un jour l'attaquer, mais le lion s'enfuit dans sa retraite. Hercule s'y jeta après lui et en ayant bouché l'entrée, il le combattit corps à corps […] » DS (1.IV.V) : « Son premier travail fut de tuer le lion de Némée. Il était d'une grandeur monstrueuse et comme on ne pouvait le blesser avec le fer, avec l'airain, ni avec des pierres, il fallait nécessairement employer la force des bras pour le dompter. […] il le combattit corps à corps, et lui serrant le col avec ses deux mains, il l'étrangla. La peau de cet animal, qui était fort grande, lui servit toujours dans la suite de vêtement et même de bouclier dans ses combats ». AP (II.5.2) : « Son deuxième travail fut de tuer l'Hydre de Lerne. Ce monstre vivait dans les marais de Lerne, […]. Il avait un corps énorme hérissé de neuf têtes […]. Héraclès commença alors à fracasser ses têtes avec sa massue ; sans résultat, parce que pour chaque tête tranchée deux nouvelles surgissaient. [Héraclès] demanda l'aide d'Iolaos ; ce dernier mit le feu à un buisson et, à l'aide de tisons ardents, il empêchait les neuf têtes de repousser, en brûlant la chair à la base des têtes coupées. » GR (ch. 13) : « Artémis aussitôt prend la parole en ces termes : – Héraclès, fils d’Amphitryon, de quel droit as-tu osé blesser cette biche et l’emporter sur tes épaules ? – Du droit du vainqueur, réplique Héraclès. Je l’ai capturée après bientôt une année de recherches, je prétends mériter cette victoire. » AP (II.5.3) : « Le troisième travail consista à rapporter vivante à Mycènes la biche de Cérynie qui vivait alors à Onoé [en Argolide]. C'était une biche aux cornes d'or consacrée à Artémis. » GR (ch.14) : le sanglier d’Erymanthe « il songe que l’animal est encore trop vigoureux pour qu’il réussisse à le saisir et à l’entraver ; il convient de le fatiguer. […] Ainsi fait-il : pendant deux jours il le traque, jour et nuit, sans lui accorder un instant de repos, sans se donner à lui-même un moment pour dormir ou manger. Le sanglier le premier capitule. » AP (II.5.4) : « Héraclès rencontra le Centaure Pholos, [qui offrit à Héraclès l’hospitalité]. Quand ensuite Héraclès demanda du vin, il répondit qu'il n'avait pas le cœur d'ouvrir la jarre, vu qu'elle appartenait à la communauté des Centaures. Mais Héraclès lui donna du courage et Pholos ouvrit la jarre. Peu après, ayant senti l'odeur du vin, les autres Centaures arrivèrent à la caverne de Pholos, armés de pierres et de bâtons. [Héraclès les massacrera]. Les Centaures rescapés s'enfuirent dans toutes les directions […] ». GR (ch. 15) : « il s’agissait de la déesse aux yeux pers, d’Athéna Tritogénie. Elle m’est apparue au cours d’un rêve : elle portait le glaive et le casque et elle s’avançait avec majesté. Elle m’apportait des crécelles de bronze et elle m’assura que les sons que j’en tirerais étaient seuls susceptibles d’obliger les oiseaux à quitter le couvert de la forêt. » GR (ch. 15) : « Les oiseaux effrayés par de sons aussi nouveaux se sont envolés par nuées, sans même songer à m’attaquer. Les voilà dans le ciel clair, offrant de parfaites cibles à mes flèches rapides. Je vidai mon carquois, abattant un oiseau à chaque coup. […] Il m’a fallu bien des jours pour tous les déloger, tous les percer de flèches. » GR (ch. 16) : « On ne sait précisément si cette bête est celle qui a amené Europe à travers les routes marines depuis la Phénicie jusqu’aux rivages de la Crète […]. On dit [aussi] que c’est à ce taureau que s’unit Pasiphaé. De cette union divine est issu le minotaure que le roi a enfermé dans un profond labyrinthe construit par l’ingénieux Dédale. » GR (ch. 16) : « Il a accompli deux travaux en des pays lointains. Il a d’abord dû se rendre dans la Crète aux cent villes. Le roi de Mycènes lui avait ordonner d’en ramener vivant le taureau qui hantait ses campagnes. » DS (1.IV.V) : « Eurysthée lui ordonna de nettoyer sans l'aide de personne l'étable d'Augée [ou Augias] où s'était amassé depuis plusieurs années une quantité énorme de fumier. L'insulte était jointe à la peine dans ce commandement d'Eurysthée. Mais Hercule ne voulut pas emporter ce fumier sur les épaules afin d'éviter la honte qui pourrait rejaillir sur lui de cette fonction et il nettoya cette étable sans ignominie, en y faisant passer le fleuve Penée. Ce travail ne fut pour lui que l'affaire d'un jour. Et il y donna de plus une grande preuve de sa prudence, car ne voulant rien faire qui ne fût digne de l'immortalité, il exécuta d'une manière honorable un ordre très humiliant. » DS (1.IV.V) : « On lui ordonna ensuite d'amener de Thrace les cavales de Diomède […]. Ce n'était point des fruits de la terre qu'on leur donnait à manger, mais elles se nourrissaient de membres coupés des malheureux étrangers qui arrivaient dans la Thrace. Hercule voulant prendre ces cavales se saisit d'abord de leur maître, et il les rendit obéissantes en les rassasiant de la chair de celui qui les avait accoutumées à manger de la chair humaine. » Titre d’un paragraphe complémentaire de Diodore (1.IV.XI) sur les exploits d’Hercule, notamment sa participation à la quête de la Toison d’Or : « Hercule accompagnant les Argonautes délivre Hésione fille de Laomédon exposée à un monstre marin. » AP (II.5.9) : « elles se coupaient le sein droit, pour n'être pas entravées dans le maniement des armes, et conservaient le gauche pour pouvoir allaiter. Hippolyté avait reçu la ceinture d'Arès, en signe de sa supériorité sur toutes les autres. Héraclès avait été envoyé pour prendre cette ceinture, pour la donner à Admète, la fille d'Eurysthée, qui la voulait. » DS (1.IV.V) : « Il lui fut ordonné bientôt après d'apporter le baudrier de l'Amazone Hippolyte. Hercule ayant traversé la mer […] déclara la guerre aux Amazones et campa près de leur capitale, appelée Thémyscire. Il demanda d'abord le baudrier qui était le sujet de son voyage, et ayant été refusé, il livra bataille aux Amazones. » DS (1.IV.V) : Le dixième travail qu'Eurysthée imposa à Hercule fut d'amener les vaches de Géryon qui paissaient sur les côtes de l'Ibérie ou de l'Espagne. […] Hercule voulant ensuite passer de la Celtique en Italie prit le chemin des Alpes. Il rendit les routes de ce pays, de rudes et de difficiles qu'elles étaient, si douces et si aisées qu'une armée y pouvait passer sans peine avec tout son bagage. […] (NB : ce voyage de retour avec son troupeau est l’occasion de nombreuses aventures et détails annexes) AP (II.5.10) : « L'île était habitée par Géryon, le fils de Chrysaor et de Callirhoé, elle-même fille d'Océan. Son corps était celui de trois hommes qui auraient grandi ensemble, réunis jusqu'à la taille, puis séparés en trois flancs, au niveau des cuisses et jusqu'en haut. » DS (1.IV.V) : « Nous placerons ici une courte digression au sujet des colonnes d'Hercule […]. Ce héros étant arrivé aux deux extrémités de l'Afrique et de l'Europe sur l'océan, voulut y poser ce monument immortel de son expédition. Selon quelques uns, les deux continents étaient autrefois très éloignés l'un de l'autre. Il résolut de les rapprocher jusqu'à ne laisser entre eux qu'un passage étroit qui ne permit plus aux monstres de l'océan d'entrer dans la Méditerranée, […]. D'autres disent au contraire que les deux continents étant joints, il coupa l'isthme et forma la communication qui est aujourd'hui entre les deux mers. Chacun peut suivre selon son goût l'une ou l'autre de ces deux opinions. » GR (chap. 19) : « Sur les bords attendaient les ombres des défunts, et elles ne semblaient pas nous voir, ombres vaines dépouillées de tout sentiment. La surface du fleuve s’est soudain ridée de lentes vaguelettes et nous avons aperçu, qui s’avançait en silence, une barque frêle que dirigeait le nocher infernal, le divin Charon. […] nous avons reconnu la Gorgone Méduse que tua Persée notre ancêtre. Héraclès s’est rué vers elle avec son épée, mais, ombre vaine, elle a disparu à son approche. » AP (II.5.12) : « Comme douzième travail, il lui fut imposé de ramener Cerbère de l'Hadès. Cerbère avait trois têtes de chien, une queue de dragon et toute la longueur de son dos était hérissée de têtes de serpents de toutes espèces. […] Le dieu [Hadès] lui permit de l'emmener, à la condition qu'il le vainque sans armes. » GR (ch. 20) : « Celui qui pourra te renseigner est Nérée, le Vieux de la mer. […] Mais sache qu’il cherchera d’abord à te tromper et à t’échapper en prenant les formes les plus diverses et les plus effrayantes. Tu ne dois pas te laisser impressionné et il faut que tu le lies étroitement avec des cordes que tu auras tressées auparavant. » AP (II.5.11) : « Ayant rejoint les montagnes du Caucase, il tua avec ses flèches l'aigle, fils d'Échidna et de Typhon, qui dévorait le foie de Prométhée ; puis Héraclès le libéra […]. Prométhée avait conseillé à Héraclès de ne pas cueillir les pommes avec ses mains, mais de soulager Atlas du poids du ciel, et de l'envoyer à sa place. Arrivé au pays des Hyperboréens, donc, le héros convainquit Atlas et soutint le ciel à sa place. Atlas cueillit trois pommes du Jardin des Hespérides, et les porta à Héraclès. » AP (II.5.11) : « Un dragon immortel en avait la garde, fils de Typhon et d'Échidna, qui avait cent têtes et qui savait parler avec les voix les plus variées et sur tous les tons. Les Nymphes des Hespérides montaient également la garde […] » (j’aurais dû en dessiner 4) AP (II.4.8) : « Quand le bébé avait huit mois, Héra envoya dans son berceau deux serpents terrifiants, parce qu'elle désirait sa mort. Alcmène cria, appela Amphitryon au secours, mais Héraclès s'était déjà redressé ; il avait déjà tué les serpents, en les étranglant, un dans chaque main. » (Mais il existe une autre version citée aussi par Apollodore : « Phérécyde soutient pour sa part qu'Amphitryon, pour savoir lequel des deux enfants était le sien, jeta les serpents dans le lit : Iphiclès s'enfuit, Héraclès, lui, les affronta, et Amphitryon comprit que son fils était Iphiclès. ») GR (ch. 10) : « Il faut qu’à Delphes je me rende. J’y consulterai l’oracle d’Appolon comme me l’ordonne Amphitryon dans mes rêves. Là-bas réside la pythie, inspirée par le dieu lorsqu’elle monte sur le trépied de bronze au-dessus du chasma » GR (ch. 10) : « Alcée, fils d’Amphitryon, […], tu te rendras dans l’opulente Mycènes riche en or où règne ton cousin Eurysthée. Tu devras lui faire soumission et il t’imposera douze travaux qu’aucun mortel n’est capable de réaliser. Ainsi, en croyant t’abaisser il t’assurera la gloire et l’immortalité. Et ces exploits tu les accompliras pour la gloire d’Héra aux yeux de génisse. C’est pourquoi, désormais, tu abandonneras ton nom d’Alcée pour prendre celui d’Héraclès, gloire d’Héra. » DS (1.IV.V) : « Junon le fit tomber dans la frénésie. La folie s'empara d'abord de son esprit malade et ses accès augmentant chaque jour, il devint absolument furieux. […] Il perça à coups de flèches ses propres enfants auprès de Mégare leur mère, croyant que c'étaient des ennemis. Étant revenu avec peine de ce transport et ayant reconnu son erreur, il fut mortellement affligé de l'excès de son infortune. » AP (II.5.1) : « Eurysthée, terrifié par la force du héros, lui interdit dès lors l'entrée de sa ville : les résultats de ses exploits devraient dorénavant être exposés devant les portes. On dit aussi qu'Eurysthée, trop effrayé, s'était caché dans une jarre de bronze, […]. Et ses ordres, pour les autres exploits d'Héraclès, il les donna de cet endroit, par la voix du héraut Coprée, le fils de Pélops l'Éléen. » DS (1.IV.X) : « Déjanire ayant appris par Lichas que son mari était éperdument amoureux d'Iole et croyant le guérir de cette passion et le ramener à elle, frotta cette tunique du philtre que le Centaure Nessus lui avait donné pour se faire toujours aimer d'Hercule […]. Mais dès que ce héros eut mis sur lui la tunique empoisonnée, la force du venin dont elle était imbibée venant à opérer fit une révolution étrange dans son corps. Car le fiel de l'hydre de Lerne dans lequel la flèche d'Hercule avait trempé et qui était passé dans la tunique, corrompit par sa chaleur toutes les chairs. » […] « Mais Hercule désespérant entièrement de sa guérison, monta sur le bûcher et appelant tous ceux qui l'avaient suivi il les conjurait d'y mettre le feu. »

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