La créativité est un concept difficile à définir, qui ne s’explique pas de la même façon suivant que l’on vienne d’un milieu plutôt littéraire, artistique, ou d’un milieu scientifique. Les uns vous parleront de muses, de « supplément d’âme », de « graine divine », les autres vous répondront « processus psycho-sociologique », « connections neuronales optimales » et « sérendipité » (terme anglosaxon). Le psychologue et le neurochirurgien n’en parlent pas de la même façon. Et même les artistes et ingénieurs – qui en sont remplis – ne savent pas vraiment comment vous parler simplement de ce mystérieux « don » ou « talent », que l’on admire ou que l’on jalouse.

Tout le monde ne met pas les mêmes choses derrière un même mot : c’est toujours difficile de trouver un accord sur certains termes. Et la créativité étant une faculté personnelle, sa grande part de subjectivité ne facilite pas le travail de définition. C’est ce genre de mot abstrait, que l’on définit par d’autres mots tout aussi abstraits (et on n’en finit pas de tourner en rond dans le dictionnaire, de se perdre dans le labyrinthe de l’abstraction…). Ça a d’ailleurs très probablement été un sujet de philo de khâgne : « La créativité, point. Vous avez 6 heures. ». Mais évitons de ressasser les mauvais souvenirs… et sortons le fameux Petit Robert (ou Larousse pour ceux qui préfèrent quand il y a des images, ou le CNRTL pour ceux qui aiment quand c’est bien dense et très détaillé). (Et c’est le moment de regarder par la même occasion « sérendipité » si ce n’est pas déjà fait).

Si on synthétise (parce qu’ils proposent tous à peu près la même définition), la créativité c’est la capacité à imaginer et/ou inventer quelque chose de nouveau, à trouver une solution inédite à un problème. C’est être capable de rebondir sur une situation, de la détourner, d’analyser et relier les choses entre elles, de transformer les objets ou aspects du quotidien.

Mais au delà de cette définition : Qu’y a-t-il dans le processus de création ? Quels en sont les ingrédients ? Et où les trouver ?

Parce qu’un petit schéma vaut parfois plus qu’un long discours : voici une petite infographie pour illustrer le processus de développement créatif, infographie s’appuyant sur la métaphore du jardinage… Parce que s’il y a une chose à retenir, c’est que nous avons tous un potentiel créatif – plus ou moins développé certes – mais que l’on peut cultiver, dont il faut prendre soin, comme on prend soin d’une plante que l’on n’oublie pas d’arroser et qui s’épanouit au soleil.

infographie créativité

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas un don, c’est un état d’esprit, qui nécessite d’apprendre à bien se connaître, à s’affirmer, à sortir de ses “zones de stagnation” * à explorer son environnement et y prendre tout ce qu’il y a de bon, à s’éloigner de tout ce qui nuit et freine votre potentiel créatif (tout ce qui est dans la négativité).

* je n’utilise pas l’expression “zone de confort” (le mot “confort” n’est pas toujours approprié), je préfère dire “zone connue” ou “zone de stagnation” celle-ci n’étant pas forcément confortable en soi.

Le manque de confiance en soi est un des principaux freins à la créativité. Mais il existe des leviers. La confiance en soi ça se (re)construit et ça s’alimente : en s’analysant, en s’entourant des bonnes personnes et des choses qui nous font du bien, en recherchant la sérénité et le plaisir, en partant à la recherche d’un environnement “plus fertile”.

Quant à l’inspiration : chose bien mystérieuse, fugace, impénétrable. Parfois elle ne vient pas quand où vous avez besoin d’elle et provoque “l’effet page-blanche”. Parfois, elle apparaît soudainement dans un lieu et moment improbable : le tramway, les toilettes, la salle d’attente du dentiste, quand on est sur le point de s’endormir (notre inconscient est très créatif )… Mais elle disparait très vite si on ne la saisit pas au vol (toujours avoir à porter de main un petit carnet et un stylo…). Elle parait souvent incongrue, on ne sait pas bien quoi en faire, si c’est une « bonne » idée. Mais il faut quand même la garder, l’écrire, la regarder, la ré-écrire …

Les carnets sont devenus pour moi des outils indispensables à ma créativité et à mon inspiration : j’utilise des carnets de recherches pour réaliser mes Compozias, et un Artjournal qui nourrit ma spiritualité, m’apaise et m’inspire au quotidien.

L’inspiration est partout, tout autour de nous, à chacun de trouver son outil ou élément de prédilections. Butinons, butinons ! …

Et pour finir, je vais citer l’ingénieux Albert Einstein :

« La créativité c’est l’intelligence qui s’amuse »,

« [elle] est contagieuse, faites-la tourner. »